Ceux qui ont contoyé ces “pur-sang” travaillant à la city retrouveront avec bonheur cet article qui éclaire sur cette caste de la finance.
So true…
Morceaux choisis :
…”Même si nous cherchons tous à opposer notre intelligence face à l’aléatoire, nous sommes avant tout des joueurs”, souligne Julien, trader dans une grande banque d’affaires française. L’incertitude est le coeur du métier. L’analyse des cours, le pari sur les orientations à venir, une drogue qui forge la personnalité. Il n’est pas rare de poursuivre la soirée par un poker, une fois quittée la salle des marchés. Les traders stars d’aujourd’hui n’ont pourtant plus grand-chose à voir avec ceux d’il y a vingt-cinq ans, lorsque les commerciaux dominaient encore le métier. Les golden boys des années 1980, lessivés par les krachs boursiers, ont cédé la place aux mathématiciens nourris aux algorithmes. Ceux-là sont devenus les véritables seigneurs de la finance. Un Jérôme Kerviel, aujourd’hui mis en cause par la Société générale, venu du “middle office”, c’est-à-dire les postes de contrôle et de supervision des salles de marchés, ne pourra que rarement espérer atteindre leur niveau…
…Car être trader, c’est aussi appartenir à une caste. Un monde à part, dominé, en France, par les grandes écoles, Polytechnique, Centrale, l’Ensae, parfois HEC ou l’Essec. Et, pour la crème de la crème, par les titulaires du mastère probabilités et finances de Nadine El-Karoui. Les diplômés du “El-Karoui”, comme ils appellent entre eux ce label d’excellence, sont les plus recherchés. Les plus chers à recruter. Cette mathématicienne, professeure à Polytechnique et à Paris-VI, a formé des générations de “quants”, ces analystes quantitatifs, spécialistes des titres financiers sophistiqués que sont les produits dérivés d’actions ou d’obligations. Ceux-là iront grossir les rangs des traders à Paris ou mieux encore des grandes banques de Wall Street ou de Londres, là où les salaires sont les plus élevés et où ils sont aisément repérables parce que dans leurs desks, malgré le jargon anglosaxon obligatoire, surnagent des blagues en français…
…Dans les salles des marchés ultra-hiérarchisées, où les équipes de polytechniciens peuvent snober les centraliens du desk voisin, le “back office” censé réclamer des explications aux traders et aux vendeurs du “front” est le plus souvent moqué. Moins bien payés, considérés comme des subordonnés, les contrôleurs ont aussi souvent du mal à comprendre la complexité des transactions engagées par les forts en maths du “front office” qui les surnomment parfois “les bras cassés”….

Un article très bien fait d’éconoclaste décrivant le “How to” de Kerviel, ça permet de comprendre un peu mieux où se situait le génie de notre Pont-l’Abbiste.
Cette entrée a été publiée le Dimanche 3 février 2008 à 9:27 et est en lien avec Investissement. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cet article à l'aide du flux RSS 2.0.
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